Le plan de coupe : où tomber chaque pièce dans la laize
Le plan de coupe indique où poser chaque pièce sur le tissu avant de couper : quelle cote respecter, quel sens suivre, quelle chute prévoir. Comprendre ces quatre notions évite de découvrir, ciseaux en main, qu'une pièce est trop courte ou posée de travers.
Un plan de coupe, c'est l'inverse d'un dessin de mode : il ne dit pas à quoi ressemble l'objet fini, il dit où poser chaque pièce dans la laize. Voici celui du sac cabas, pris comme exemple.
Les pièces à couper
| Pièce | Longueur | Largeur | À couper | Droit fil | Tissu |
|---|---|---|---|---|---|
| Corps du sac (1 sur 2) | 40 cm | 44 cm | 40 × 44 cm | oui | Toile de coton lourde |
| Corps du sac (2 sur 2) | 40 cm | 44 cm | 40 × 44 cm | oui | Toile de coton lourde |
| Poche intérieure | 22 cm | 36 cm | 22 × 36 cm | oui | Toile de coton lourde |
Ces cotes sont des cotes de coupe : la marge de couture de 10 mm y est déjà comprise sur chaque bord assemblé, et l'ourlet de 20 mm sur chaque bord libre. On coupe donc exactement ce qui est écrit, sans rien ajouter.
Le coupon à acheter
| Tissu | Laize | À acheter | Coût | Chute |
|---|---|---|---|---|
| Toile de coton lourde | 140 | 0.5 m | 7,45 € | 30 % |
La cote, la mesure qui remplace le pointillé
Sur un plan de coupe, chaque pièce est annoncée par une cote : une longueur et une largeur données en centimètres ou en millimètres, marges de couture et ourlet déjà comptés dedans. Sans gabarit en papier à suivre au contour, on trace directement à la règle, à partir de ces deux chiffres, en partant d'un angle du coupon. La cote annoncée est la mesure finale une fois montée, donc on ne rajoute rien au moment de tracer, même sans avoir jamais tenu un patron du commerce entre les mains.
Pourquoi on parle de longueur et de laize, pas de largeur
Un tissu vendu au mètre a une largeur fixe, imposée par le métier à tisser : c'est la laize, donnée avec le tissu et variable d'une matière à l'autre. Ce qu'on achète en mètres, c'est la longueur : le vendeur déroule le rouleau et coupe à la longueur demandée, sur toute la laize. Le plan de coupe raisonne donc en longueur de coupon à prévoir, et non en largeur, puisque la largeur n'est jamais négociable une fois le tissu choisi.
Le droit fil, la ligne qu'on ne triche pas
Chaque pièce du plan porte une flèche : c'est le droit fil, la direction à aligner avec la lisière, le bord fini et non coupé qui longe le rouleau. Le respecter, c'est poser la pièce dans le sens où le tissu a été tissé, avec un fil qui tire peu et un autre qui tire encore moins. Tourner une pièce de quelques degrés pour gagner de la place semble anodin, mais le tissu ne tombe plus pareil ensuite : un ourlet qui vague après quelques lavages, ou un tissu qui file sous le pied au moment de piquer, alors qu'il tenait bien droit à l'épinglage.
La chute, ce qui reste une fois les pièces posées
Une fois toutes les pièces casées sur le coupon, il reste des morceaux entre les pièces et sur les bords : c'est la chute. Un plan bien fait la réduit, mais elle n'est jamais nulle, les pièces n'étant pas de simples rectangles. Elle n'est pas perdue pour autant : elle sert à tester le réglage de la machine et la tension du fil avant de piquer la vraie pièce, ou à couper une pièce de mercerie complémentaire.
Ce qu'on fait sur la table avant de couper
Le plan de coupe se prépare entièrement avant que les ciseaux touchent le tissu :
- Étaler le coupon bien à plat, sans faux pli, en repérant les deux lisières de chaque côté.
- Poser toutes les pièces selon le plan, avec des épingles ou des poids, sans en coudre ni en couper aucune.
- Vérifier chaque cote au mètre ruban avant de tracer, pièce par pièce, parce qu'une erreur repérée à ce moment-là ne coûte rien.
- Tracer à la craie ou au crayon-craie le long de la règle plate, en suivant le droit fil indiqué.
- Compter les pièces tracées et les comparer à la liste du patron avant le premier coup de ciseaux.
Ce n'est qu'une fois toutes les pièces tracées et vérifiées qu'on coupe, sans jamais déplacer une pièce déjà posée avant d'avoir tracé sa voisine.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une cote sur un plan de coupe ?
Une cote est la mesure exacte d'une pièce, longueur et largeur, donnée en centimètres ou en millimètres. Elle comprend déjà les marges de couture et l'ourlet, donc on ne rajoute rien au moment de tracer. On la reporte au mètre ruban directement sur le tissu, à partir d'un angle du coupon, puis on trace à la règle plate le long des repères. C'est cette cote qui remplace le gabarit en papier qu'on découpe habituellement dans un patron du commerce.
Pourquoi ne peut-on pas tourner une pièce pour économiser du tissu ?
Une pièce tournée par rapport au droit fil ne se comporte plus comme le tissu a été pensé pour se comporter : un sens tire, l'autre presque pas, et l'équilibre change une fois la pièce montée. Le vêtement peut vriller, un ourlet peut vaguer après quelques lavages, ou le tissu peut filer sous le pied au moment de piquer. Gagner quelques centimètres de coupon en tournant une pièce coûte souvent plus cher en reprises que la longueur économisée.
Que faire de la chute une fois la coupe terminée ?
La chute n'est pas une perte : c'est le morceau resté entre les pièces une fois le plan de coupe posé sur le tissu. Elle sert d'abord à tester le réglage de la machine et la tension du fil sur un morceau avant de piquer la vraie pièce, ce qui évite de découvrir un souci de tension sur le vêtement lui-même. Les plus grands morceaux peuvent aussi servir plus tard pour une pièce de mercerie coupée dans le même tissu.