Patron calculé
Le réglage de la machine, tissu par tissu : point, longueur, aiguille
Le tableau plus bas règle dix tissus courants, mais il obéit à une logique simple : le poids du tissu et son élasticité décident presque tout, aiguille comprise. Comprendre cette logique permet de régler sa machine pour un coupon absent du tableau.
Le tableau de réglage, tissu par tissu
| Tissu | Grammage | Point | Longueur | Aiguille | Pied | Tension | Bâti |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Cretonne de coton | 150 g/m² | Point droit | 2,5 mm | universelle 80 | Pied universel | 4 | non |
| Popeline de coton | 120 g/m² | Point droit | 2,5 mm | universelle 70 | Pied universel | 4 | non |
| Toile de coton lourde | 280 g/m² | Point droit | 3,5 mm | universelle 90 | Pied universel | 4 | oui |
| Lin lavé | 190 g/m² | Point droit | 3 mm | universelle 80 | Pied universel | 4 | non |
| Double gaze de coton | 130 g/m² | Point droit | 2,5 mm | universelle 70 | Pied universel | 4 | non |
| Jersey de coton | 200 g/m² | Point stretch | 3 mm | jersey 80 | Pied universel | 3 | non |
| Molleton gratté | 300 g/m² | Point stretch | 3,5 mm | jersey 80 | Pied universel | 3 | oui |
| Éponge de coton | 380 g/m² | Point droit | 3,5 mm | universelle 90 | Pied universel | 4 | oui |
| Toile enduite | 300 g/m² | Point droit | 3,5 mm | universelle 90 | Pied téflon ou pied à double entraînement | 4 | oui |
| Polaire | 280 g/m² | Point stretch | 3,5 mm | jersey 80 | Pied universel | 3 | oui |
| Denim léger | 320 g/m² | Point droit | 3,5 mm | jean 100 | Pied universel | 4 | oui |
| Viscose unie | 110 g/m² | Point droit | 2 mm | universelle 70 | Pied universel | 4 | non |
Les cinq points
| Point | Longueur | Ce qu'il fait |
|---|---|---|
| Point droit | 2,5 mm | Le point d'assemblage. Longueur de 2,5 mm sur un coton, 3 mm sur une toile épaisse. |
| Point droit long | 4 mm | Pour froncer et pour bâtir : on tire un des deux fils et le tissu se rassemble. |
| Zigzag | 2 mm | Le surfilage du débutant : il empêche le bord coupé de s'effilocher quand on n'a pas de surjeteuse. |
| Point stretch | 2,5 mm | Un point droit en trois passes, ou un zigzag très serré : il s'étire avec la maille au lieu de casser. |
| Point d'arrêt | 0 mm | Deux centimètres en arrière au début et à la fin de chaque couture. Sans lui, la couture se défait par le bout. |
Les pieds de biche
| Pied | Quand on le monte |
|---|---|
| Boutonniere | Pied à boutonnière, celui qui mesure le bouton |
| Standard | Pied universel, celui qui est monté à la livraison |
| Teflon | Pied téflon ou pied à double entraînement : il glisse sur l'enduit qui colle |
| Zip | Pied à fermeture, décalé pour longer les dents |
Sur un tissu extensible, la couture doit s'étirer avec le tissu : point stretch ou petit zigzag. Un point droit tient le temps de l'essayage, puis lâche fil après fil.
Les seize gestes
| Geste | Niveau | Durée |
|---|---|---|
| Surfiler un bord au zigzag | 1 sur 3 | 4 min |
| Faire un point d'arrêt | 1 sur 3 | 1 min |
| Assembler endroit contre endroit | 1 sur 3 | 6 min |
| Coudre un ourlet double | 1 sur 3 | 8 min |
| Tourner un angle droit | 1 sur 3 | 2 min |
| Cranter un arrondi | 2 sur 3 | 5 min |
| Surpiquer | 1 sur 3 | 6 min |
| Monter une coulisse à élastique | 2 sur 3 | 12 min |
| Enfiler un élastique dans un tube | 1 sur 3 | 6 min |
| Monter une coulisse à cordon | 2 sur 3 | 10 min |
| Poser un biais | 2 sur 3 | 14 min |
| Monter une fermeture éclair | 3 sur 3 | 18 min |
| Poser un bouton pression | 2 sur 3 | 4 min |
| Entoiler une pièce | 2 sur 3 | 6 min |
| Coudre un fond à soufflet | 2 sur 3 | 8 min |
| Coudre du jersey sans surjeteuse | 2 sur 3 | 12 min |
Deux informations suffisent à remplir toutes les cases
Le tableau qui suit ce texte ressemble à une longue liste de réglages différents, mais il ne fait que croiser deux informations : le grammage (le poids du tissu, celui qui est écrit sur l'étiquette du rouleau) et son élasticité (le tissu s'étire ou non quand on tire dessus dans la largeur). À partir de ces deux réponses, la longueur du point, le type de point, la taille d'aiguille, la tension et le besoin de bâtir se déduisent presque automatiquement. C'est le même calcul qu'une couturière fait à l'œil devant le rayon tissu, sans même y penser, parce qu'elle l'a fait des centaines de fois.
La longueur de point suit le poids du tissu
Plus un tissu est léger, plus le point doit être court : un point trop long sur une popeline fine laisse des trous visibles et le tissu godille sous le pied. Plus le tissu est épais ou pelucheux, plus le point s'allonge, parce qu'un point court sur une matière dense fronce la couture au lieu de l'aplatir. C'est la même logique que pour le point droit long qui sert à froncer ou à bâtir : on allonge le point pour que le fil du dessus puisse être tiré et rassembler le tissu, l'inverse de ce qu'on cherche dans une couture d'assemblage.
L'aiguille suit l'élasticité, pas seulement le poids
Sur un tissu qui ne s'étire pas, la taille d'aiguille grandit avec le grammage : un coton léger accepte une aiguille fine, un tissu épais a besoin d'une aiguille plus grosse pour traverser les couches sans casser. Mais dès qu'un tissu est extensible, la règle change complètement, quel que soit son poids : il faut une aiguille à bout rond et un point qui s'étire, parce qu'une aiguille pointue coupe les mailles au lieu de passer entre elles, ce qui fait un trou qui file plus tard, au lavage ou au porter. C'est pour ça qu'un jersey léger et une polaire épaisse, pourtant très différents en poids, se retrouvent avec la même famille d'aiguille dans le tableau.
Le pied et le bâti, les deux exceptions à repérer soi-même
- Le pied change seulement quand la surface du tissu colle au plastique ou au métal du pied standard : c'est le seul cas où la matière elle-même, et pas son poids, dicte le réglage.
- Le bâti (un fil de fixation à grands points, retiré ensuite) devient utile dès qu'un tissu est assez épais ou assez glissant pour bouger sous le pied avant que l'aiguille ne le fixe.
- La tension baisse d'un cran sur les tissus qui s'étirent, pour que le fil ne bride pas la maille et ne fasse pas onduler la couture.
Devant un rayon tissu, ces deux repères tiennent en une poignée de secondes : on pince le tissu entre les doigts pour sentir son poids, on tire un coupon dans la largeur pour voir s'il revient à sa forme, et on regarde si la surface est enduite ou lisse. Le reste du réglage en découle.
Et si le tissu ne ressemble à aucune ligne du tableau
Un coupon qui n'apparaît pas dans le tableau se règle par comparaison : on cherche la ligne dont le grammage et l'élasticité sont les plus proches, et on part de ce réglage pour faire un essai sur une chute avant de piquer la vraie pièce. La machine elle-même donne un indice fiable : si elle saute des points ou fait un bruit sec, c'est l'aiguille qui est fatiguée ou mal choisie, pas le réglage de longueur. Et le fer à repasser fait partie du réglage autant que la machine : une couture ouverte au fer se voit sur le résultat fini.
Les erreurs qui coûtent un coupon
- Aiguille pointue sur tissu extensibleUne aiguille universelle plantée dans un jersey ou une polaire coupe les mailles au lieu de les écarter : le trou s'agrandit au lavage et un point droit casse net à l'étirement, alors qu'une aiguille à bout rond et un point stretch encaissent le mouvement.
- Point trop court, tissu épaisGarder une longueur de point pensée pour un coton léger sur une toile lourde ou un molleton fronce la couture au lieu de l'aplatir, et la machine force sur chaque passage. Le point s'allonge avec le grammage, jamais l'inverse.
- Bâti oublié sur tissu glissantPiquer directement une toile enduite ou un molleton épais sans les fixer au bâti laisse les deux couches se décaler sous le pied : la couture finit de travers et il faut la découdre. Le bâti se retire après, il ne fait que tenir le temps de la piqûre.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon tissu est extensible avant de régler la machine ?
On prend un morceau du coupon et on l'étire dans le sens de la largeur, perpendiculaire à la lisière : s'il revient à sa forme de départ, c'est un tissu extensible, comme un jersey, un molleton ou une polaire, et il demande une aiguille à bout rond et un point qui s'étire. S'il reste tendu sans revenir, c'est un tissu tissé classique, comme un coton ou un lin, qui se coud au point droit avec une aiguille pointue.
Pourquoi mon fil du dessous fait un nid sous le tissu ?
C'est presque toujours la tension du fil supérieur qui n'est pas engagée dans son disque : le fil du dessus reste trop mou, celui de la canette le tire vers le haut et forme des boucles sous l'ouvrage. Avant de toucher au réglage de tension chiffré, on ouvre le pied, on retire le fil supérieur et on le refait passer dans le disque en vérifiant qu'il résiste légèrement quand on tire dessus à la main.
Faut-il bâtir systématiquement avant de piquer ?
Non : le bâti sert surtout sur les tissus épais, pelucheux ou enduits, ceux qui bougent facilement sous le pied avant que l'aiguille ne les fixe, comme une toile lourde, un molleton ou une toile enduite. Sur un coton léger ou une popeline qui glisse peu, il fait perdre du temps pour un résultat identique. Le bâti reste un fil de fixation à grands points, retiré une fois la couture définitive posée.